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Tel est le Platonisme. Ralph Waldo Emerson dit que "Platon est la
source de tout ce qui est encore écrit et discuté par des hommes de
pensée". Il absorba le savoir de son temps, celui de la Grèce de Philœus à
Socrate ; puis celui de Pythagore en Italie ; et aussi tout ce qu'il put
apprendre de l'Egypte et de l'Orient. Il était si complet, qu'il embrassait
dans sa doctrine toutes les philosophies de l'Europe et de l'Asie ; et à la
culture et à la contemplation, il joignait la nature et les qualités du poète.
En général, les partisans de Platon adhéraient strictement à ses
théories psychologiques. D'autres, par contre, comme Xénocrate, se
lançaient dans des spéculations plus avancées. Speusippe, neveu et
successeur du grand philosophe, fut l'auteur de l'Analyse numérique, traité
des nombres pythagoriciens.
Certaines de ses spéculations ne se
rencontrent pas dans les Dialogues écrits ; mais comme il était un auditeur
des conférences non publiées de Platon, Enfield a probablement raison en
disant qu'il ne différait pas de son maître. Bien qu'il ne soit pas nommé, il
est évidemment l'antagoniste critiqué par Aristote, lorsque celui-ci [20]
prétendait opposer l'argument de Platon à la doctrine de Pythagore, pour
qui la base de toutes choses nombre, ou plutôt qu'elle est inséparable de la
notion des nombres. Il s'attacha tout spécialement à montrer que la
doctrine Pythagoricienne, en ce qu'elle présuppose que les nombres et les
grandeurs existent en dehors des choses. Il affirmait encore que Platon
enseignait qu'il ne pouvait exister une connaissance véritable si l'objet de
cette connaissance n'était pas porté au-delà ou au-dessus du monde
sensible.
La science moderne reconnaît que toutes les lois supérieures de la
nature prennent la forme d'exposé quantitatif. C'est peut-être une
élaboration plus complète ou une affirmation plus explicite de la doctrine
de Pythagore. On considérait les nombres comme la meilleure
représentation des lois de l'harmonie qui pénètre le cosmos tout entier.
Nous savons également qu'en chimie, la doctrine des atomes et des lois des
combinaisons sont en réalité, et pour ainsi dire, arbitrairement, définies par
les nombres. Ainsi que le dit M.W. Archer Butler : "Le Monde dans toutes
ses [21] divisions est une arithmétique vivante dans son développement, et
une géométrie réalisée dans son repos."
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